Les outils de la technologie comme facteur de risque

LES OUTILS TECHNOLOGIQUES COMME FACTEURS DE RISQUE POUR LA SANTÉ DE LA POPULATION

Je me présente : Saturnin TENDAYI MUELA, licencié en Santé publique, option Management des politiques et systèmes de santé en République démocratique du Congo.

En tant que professionnel de santé publique et manager des politiques et systèmes de santé, j’estime que nous avons le devoir d’observer notre environnement et d’identifier les différents facteurs susceptibles d’empêcher les populations de jouir pleinement de leur droit à la santé.

Nous vivons aujourd’hui dans une société profondément marquée par l’évolution technologique. Les outils numériques, les smartphones, les ordinateurs, les réseaux sociaux et Internet occupent une place de plus en plus importante dans notre quotidien.

Loin de moi l’idée de rejeter l’innovation technologique. Bien au contraire, la technologie constitue un formidable outil au service de la santé, de l’éducation, de la communication et du développement. D’ailleurs, le présent texte lui-même a été rendu possible grâce aux outils numériques.

Cependant, comme tout outil, la technologie peut devenir un facteur de risque lorsqu’elle est mal utilisée ou utilisée sans éducation appropriée.

Quels sont les risques sanitaires liés à la mauvaise utilisation de la technologie ?

  1. Les problèmes de santé visuelle

L’exposition prolongée aux écrans, notamment lorsque les bonnes pratiques ne sont pas respectées, peut favoriser la fatigue visuelle, la sécheresse oculaire, les maux de tête et d’autres inconforts liés à l’utilisation excessive des écrans.

  1. Les problèmes liés à la santé mentale

L’utilisation excessive des réseaux sociaux et des outils numériques peut également avoir des conséquences sur le bien-être psychologique : dépendance, isolement social, anxiété, perturbation du sommeil, comparaison sociale excessive et surcharge informationnelle peuvent notamment constituer des préoccupations de santé publique.

  1. La désinformation et l’infodémie

Nous assistons également à une multiplication des informations circulant sur les réseaux sociaux, notamment dans le domaine de la santé. Certaines informations sont fiables, d’autres sont incomplètes, sorties de leur contexte ou totalement fausses.

Cette situation peut conduire à une infodémie, c’est-à-dire à une surabondance d’informations, dont certaines fausses ou trompeuses, qui rendent difficile l’identification des informations fiables.

Le danger est important : une population exposée quotidiennement à des informations contradictoires peut finir par perdre confiance dans les messages de santé publique, les professionnels de santé et les institutions sanitaires.

Quelle solution pouvons-nous envisager ?

Face à cette réalité, nous devons promouvoir l’éducation numérique et sanitaire de la population.

Il serait pertinent de mettre en place des projets visant à apprendre aux citoyens :

:white_check_mark: comment utiliser les outils technologiques de manière responsable ;

:white_check_mark: comment protéger leur santé lors de l’utilisation prolongée des écrans ;

:white_check_mark: comment préserver leur équilibre et leur bien-être mental dans l’environnement numérique ;

:white_check_mark: comment vérifier une information sanitaire avant de la partager ;

:white_check_mark: comment identifier les fausses informations et les sources peu fiables ;

:white_check_mark: comment utiliser les technologies comme des outils au service de leur santé et non comme des facteurs de risque.

La technologie n’est donc pas notre ennemie. Le véritable enjeu est de savoir comment l’utiliser.

En tant que professionnels et acteurs de santé publique, notre responsabilité est de ne pas seulement soigner les maladies, mais également d’anticiper et de prévenir les nouveaux facteurs de risque qui apparaissent avec l’évolution de notre société.

Protéger la santé de la population à l’ère numérique, c’est aussi apprendre à la population à utiliser intelligemment le numérique.

Je serais très heureux d’échanger avec les membres de cette communauté, particulièrement sur la manière dont DHIS2 et les systèmes d’information sanitaire pourraient contribuer à documenter, surveiller et mieux comprendre les effets de ces nouveaux facteurs de risque sur la santé des populations.

Saturnin TENDAYI MUELA
Licencié en Santé publique – Management des politiques et systèmes de santé